Rencontre avec Gilles Lemaire


Suite à la rencontre avec les Verts le 13 février 2004, voici la lettre adressée par Claude Longue Epée à Gilles Lemaire.

Je vous remercie très vivement pour l’accueil que vous nous avez réservé, en vos bureaux et avec Monsieur Roch Julien de la commission "Espéranto" des Verts, à Monsieur Vincent Charlot et à moi-même du Conseil d’Espéranto-France. Je vous remercie pour l’attention et la compréhension que vous avez portées à nos exposés.

Outre un certain nombre de dépliants, de brochures et de revues édités par notre association, nous vous avons remis et commenté les documents qui étaient joints à notre lettre du 4 juillet 2003. Il s’agit en particulier : 1) de la "Déclaration d’Espéranto-France" concernant la sauvegarde en Europe de la diversité culturelle et linguistique et de l’égalité des droits des langues ; 2) de la "Charte" que nous proposons aux partis, à inclure en tout ou en partie dans leur programme politique. Cette Charte concerne la défense d’un multilinguisme authentique et la promotion de l’espéranto comme barrage neutre et efficace à tout risque d’hégémonie et de discrimination linguistique. Elle mentionne le soutien à deux propositions d’expérimentations dûment contrôlées et mesurées, d’une part d’utilisation de l’espéranto comme langue-relais dans les débats et comptes rendus du Parlement européen, d’autre part comme outil de propédeutique pour l’enseignement des langues étrangères dans le système éducatif des états européens.

Vous avez bien noté que nous sollicitons, non seulement une déclaration de soutien à l’espéranto, mais également une adhésion explicite à nos propositions concrètes d’expérimentations. Vous avez bien noté le pragmatisme de nos propositions en même temps que la modestie du coût de leur mise en application. Vous nous avez précisé que vous demanderiez clairement de prendre les articles de la Charte ci-dessus en considération dans ses débats, à la commission chargée chez les Verts de l’élaboration du programme politique.

Monsieur Roch Julien a expliqué et souligné les difficultés qu’il y a à convaincre une élite parfaitement bilingue ou trilingue du fait qu’il existe un vrai problème des langues pour accéder à une vraie intercommunication des hommes. Il montre que ce préalable de convaincre est indispensable, avant même de montrer tous les avantages de la solution "espéranto". Il prépare dans ce but un dossier circonstancié en vue de persuader les spécialistes des Verts. Et nous le remercions pour ce travail.

Monsieur Roch Julien et moi-même avons rappelé l’appui qu’ont apporté à nos démarches pour l’espéranto plusieurs députés Verts du Parlement européen, tels que Gérard Onesta vice-président, par leurs déclarations, leurs articles et leurs interventions et propositions dans les débats officiels. Nous les remercions à nouveau et nous espérons qu’ils pourront continuer leur action dans le nouveau Parlement.

Monsieur Vincent Charlot a rappelé, au sujet de l’évolution de l’espéranto dans le monde politique : 1) les dernières propositions de loi faites à l’Assemblée nationale, par les socialistes en 1979 et par les communistes en 1995 / 97 ; 2) les résolutions adoptées par les Verts à Marseille en 1990 ; 3) la lettre très favorable du candidat Chirac en 2002 ; 4) les réponses négatives du gouvernement faites depuis 2002 à de nombreuses questions écrites de divers députés. Il a souligné, en conséquence de ces déclarations d’intention non suivies d’effet, une certaine circonspection négative du monde espérantophone vis-à-vis du monde politique. Il a souligné combien serait bienvenu un engagement positif des Verts sur des propositions concrètes, en particulier par exemple à l’occasion de la rencontre des Verts européens programmé courant février.

De ce point de vue, vous avez vous-même insisté plusieurs fois sur une certaine communauté d’éthique humaniste qui existe entre les Verts et les espérantistes.

Répondant à vos questions précises sur notre proposition d’expérimentation, plus particulièrement de langue-pont, nous sommes bien tous tombés d’accord sur le peu de fiabilité des traductions actuelles simultanées - directes ou a fortiori avec langue relais. Et je vous ai expliqué, appuyé par les remarques et les démonstrations de Monsieur Roch Julien, que j’avais entière confiance dans un processus d’utilisation de l’espéranto comme langue-relais.... A condition bien entendu qu’on consente à lancer l’expérimentation que nous sollicitons, ce qui ne peut être au début que sur une échelle limitée.

Nous sommes convenus de nous rencontrer à nouveau avant juin 2004, pour faire le point.

Monsieur Roch Julien va m’adresser la liste des différents "têtes de listes Verts" dans les 7 régions électorales de la métropole avec leurs adresses et leurs régions de campagne. J’ai noté avec plaisir que la plupart des noms que vous m’avez donnés sont ceux de députés européens actuels avec qui je corresponds régulièrement et qui ont déclaré et démontré leur soutien à l’espéranto.

Avec mes sentiments distingués, Claude Longue-Epée

Fédération Espérantiste du Travail
115 rue Béranger F-92320 Chatillon